Mantra de la compassion du Tibet : Om Mani Padme Hum !





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C’est un des mantras nationaux du Tibet et il est sacré et extrêmement connu un peu partout.
C’est aussi un mantra incroyablement puissant avec une signification très profonde, et il est dit que tout l’enseignement du Bouddha y est contenu. Gros programme.
Je vais faire de mon mieux pour partager ce que j’ai compris de la complexité et la beauté de ce mantra.

Om Mani Padme Hum est le mantra du Bodhisattva (en gros, un genre de pré-buddha) de la compassion.
Il fait appel à la compassion universelle envers les autres mais aussi envers soi-même pour pouvoir atteindre l’illumination (le but ultime du bodhisattva).
il est composé de 4 mots ou 6 bija mantras, mantras racines (ou 6 syllabes) parfois suivi d’un septième, silencieux.
Om : Voir ici 🙂
Mani : le joyau, qui symbolise l’intention altruiste d’être éveillé
Padme : le lotus, qui symbolise la sagesse, le passage vers l’illumination
Hum : L’indivisibilité du cheminement et de la sagesse qui en découle.

« Ainsi, les six syllabes OM MANI PÉMÉ HOUNG (ndlr: la manière bouddhiste de prononcer le mantra) signifient qu’en fonction de la pratique d’une voie, qui est l’union indivisible d’une méthode et d’une sagesse, vous pouvez transformer votre corps, votre parole et votre esprit impurs en corps, parole et esprit purs et glorieux d’un Bouddha »
-S.S. Le Dalai Lama.
Source : Le seigneur du Lotus blanc, Le Dalaï-Lama, par Claude B. LEVENSON

La traduction des 6 bija mantras est infinie. J’ai cependant trouvé sur le blog de Sivana une belle interprétation qui ne s’attache non pas à la traduction littérale des mots sanskrits (ce qui est, vous l’aurez compris à force, impossible) mais leur relation à la souffrance, qui est la base du bouddhisme.
Om : la vibration de l’univers. Il détruit l’attachement et l’égo pour établir la générosité.
Ma : enlève l’attachement à la jalousie et établit la patience.
Ni : enlève l’attachement au désir et établit la persévérance.
Pad : enlève l’attachement aux préjugés et établit la persévérance.
Me : enlève l’attachement à la possessivité et établit la concentration.
Hum : enlève l’attachement au ressentiment et établit la sagesse.
Hri : la 7ème syllabe qui est souvent présente sur les inscriptions du mantra mais jamais prononcée et dont je n’ai pas trouvé la signification (n’hésitez pas à m’éclairer en commentaire si vous savez)
“So in this way recitation of the mantra helps achieve perfection in the six practices from generosity to wisdom. The path of these six perfections is the path walked by all the Buddhas of the three times. What could then be more meaningful than to say the mantra and accomplish the six perfections?”
-Dilgo Khyentse Rinpoche, Heart Treasure of the Enlightened Ones

Traduction libre: la récitation de ce mantra permet d’atteindre la perfection dans les six pratiques, de la générosité à la sagesse. Le chemin de ces six perfections est le chemin parcouru par tous les Bouddhas des trois temps. Dès lors, qu’est ce qui peut avoir plus de sens que de réciter ce mantra et accomplir les six perfections?

Les 7 syllabes du mantra de la compassion au fond de mon bol tibétain.

Gros programme indeed.
En effet ce mantra est appelé « Roi des mantras » au Tibet.
Personnellement, je le récite souvent. Il est rapide, facile et encore plus puissant à réciter avec un mala (108 fois) et c’est un mantra qui me permet réellement de « faire le vide ». Pas d’images, pas de visualisation, juste le mantra. Idéal pour calmer un mental sur-sollicité.
Et cette notion de vide altruiste, cette notion de vide plein, contenant tout et rien, équanime, est, selon les bouddhistes, le seul moyen d’atteindre l’éveil, ou Samadhi le but ultime du yoga.
On y revient toujours.

Et vous, vous vous servez du mantra de la compassion?

Explication du mantra Om Mani Padmé Hûm !





OmManiPadmeHum

Explication du mantra
Om Mani Padmé Hûm
par sa Sainteté le Dalaï-Lama

« C’est fort bien de réciter le mantra OM MANI PÉMÉ HOUNG mais tandis qu’on le récite, encore faut-il penser à sa signification, car la portée de ces paroles est vaste et profonde. La première, OM, est composée de trois lettres – A, U et M. Elles symbolisent le corps, la parole et l’esprit du pratiquant; mais dans le même temps, elles symbolisent le corps, la parole et l’esprit purs et glorieux d’un Bouddha.

Le corps, la parole et l’esprit impurs peuvent-ils être transformés en un corps, une parole et un esprit purs, ou sont-ils entièrement séparés? Tous les Bouddhas sont au départ des êtres comme nous qui, en suivant la voie, sont devenus des Éveillés. Le bouddhisme ne prétend pas qu’il y ait quelqu’un qui, dès l’origine, soit sans défaut et possède toutes les bonnes qualités. Le développement d’un corps, d’une parole et d’un esprit purs vient graduellement de l’abandon des états impurs, qui sont ainsi transmués en états purs.

Comment cela se fait-il? La voie est indiquée par les quatre syllabes suivantes. MANI, signifiant joyau, symbolise les moyens de la méthode – l’intention altruiste d’être illuminé, la compassion et l’amour. Tout comme le joyau est capable d’éloigner la pauvreté, de même l’esprit altruiste d’éveil est capable d’écarter l’indigence, ou les difficultés, de l’existence cyclique et de la paix solitaire. Pareillement, tout comme le Joyau exauce les désirs des êtres sensibles, l’intention altruiste de devenir illuminé accomplit les souhaits des êtres sensibles.

Les deux syllabes, PÉMÉ ou PADMÉ, signifiant lotus, symbolisent la sagesse. Tout comme un lotus sort du limon sans être souillé par la boue, de même la sagesse peut vous placer dans une situation de non contradiction, alors qu’il y aurait contradiction sans posséder la sagesse. Il y a la sagesse qui réalise l’impermanence; la sagesse qui réalise que les personnes sont vides d’existence substantielle ou d’existence se suffisant à elle-même; celle qui réalise le vide de la dualité, c’est-à-dire de la différence d’entité entre sujet et objet; et la sagesse qui réalise la vacuité de l’existence inhérente. Bien qu’il y ait différentes sortes de sagesse, la principale d’entre elles est celle qui réalise la vacuité.

La pureté doit être acquise par l’unité indivisible de la méthode et de la sagesse, symbolisée par la syllabe finale HOUNG, OU HÛM, qui traduit l’indivisibilité. Selon le système des sûtras cette indivisibilité de la méthode et de la sagesse se réfère à la sagesse affectée par la méthode, et à la méthode affectée par la sagesse.

Dans le véhicule Mantrique, ou Tantrique, la référence porte sur la propre conscience dans laquelle la forme globale, à la fois de la sagesse et de la méthode, constitue une identité sans différenciation. En termes de syllabes-germes des cinq Bouddhas conquérants, HOUNG est la syllabe germe d’Akshobya – l’Immuable, le non-fluctuant, qui ne peut être en rien perturbée.

Ainsi, les six syllabes OM MANI PÉMÉ HOUNG signifient qu’en fonction de la pratique d’une voie, qui est l’union indivisible d’une méthode et d’une sagesse, vous pouvez transformer votre corps, votre parole et votre esprit impurs en corps, parole et esprit purs et glorieux d’un Bouddha. II est dit qu’il ne faut pas chercher la bouddhéité hors de soi; les matériaux pour y parvenir se trouvent à l’intérieur. Maitreya l’a dit dans son « Sublime continuum du Grand Véhicule » (Uttaratantra), tous les êtres ont naturellement la nature de Bouddha dans leur propre continuum. Nous avons en nous-mêmes le germe de la pureté, l’essence de Celui Qui S’en Est Ainsi Allé (Tathâgatagarbha), qui doit être transformé et pleinement développé en bouddhéité. »

Om Mani Pémé Houng – Om Mani Padmé Hûm

Source: Le seigneur du Lotus blanc, Le Dalaï-Lama, par Claude B. LEVENSON, Paris,
Édition lieu commun, collection le livre de poche, 1987, pp. 239 à 241.