Cancers : de l’aspirine en prévention ?

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Un nombre croissant d’études suggère qu’une prise quotidienne d’une faible dose d’aspirine permet de réduire les risques de développer des problèmes cardiaques ou des cancers. Mais un tel traitement préventif n’est pas sans risques. Il peut en effet entraîner des hémorragies digestives et cérébrales.

Etude de la balance bénéfices/risques

Pour cette raison, une équipe de chercheurs de la Queen Mary University of London a voulu savoir si ce traitement procurait plus de bénéfices que de risques. Pour ce faire, ils ont établi son rapport bénéfice/risque en passant en revue différentes études portant sur le sujet.

Ils en ont conclu que la prise d’aspirine pendant au moins 5 ans à des doses comprises entre 75 et 325 mg par jour semble avoir plus de bénéfices que de risques chez les personnes âgées de 50 à 65 ans. Ce traitement préventif permettait d’abaisser le nombre d’infections du myocarde, de cancers et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). S’il est pris pendant 10 ans, le nombre de cas de ces maladies est abaissé de 7% chez les femmes et de 9% chez les hommes. Si le traitement est pris pendant 20 ans, le nombre de décès est alors réduit de 4% pour les deux sexes.

Une réduction du nombre de cancers

La prise d’aspirine aurait une forte incidence sur la réduction du nombre de cas de cancers. Particulièrement le cancer colorectal. Selon les chercheurs, ce traitement serait aussi efficace pour prévenir les cancers de l’œsophage et de l’estomac, puis, avec un peu moins d’efficacité, les cancers du sein et des poumons.

C’est à la dose de 75 mg par jour que le traitement semble avoir le plus de bienfaits, soit moins d’un cachet d’aspirine (en France, l’aspirine est vendue en pharmacie à un dosage de 500 mg ou 1 g, 100 mg poure les nourrissons). Il n’a pas été prouvé qu’une dose plus élevée booste davantage les bénéfices. En revanche, les effets semblent se prolonger, même après l’arrêt du traitement.

Si l’aspirine apparaît comme une solution « pour réduire le nombre de cancers après le fait d’arrêter de fumer et de réduire l’obésité », selon le Pr Jack Cuzick, directeur de l’étude (The Guardian), celui-ci rappelle cependant que cette pratique présente des risques au cas par cas, notamment pour les personnes souffrant de problèmes sanguins ou d’ulcères de l’estomac, ainsi que pour les grands fumeurs ou les personnes consommant beaucoup d’alcool. Alors, avant de s’aventurer dans un traitement prophylactique, mieux vaut demander l’avis de son médecin !

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